THE ONE SHOT MI | notes de lecture

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    Faux prolongements Internet, temps réel, écriture et blablabla

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    Je relis à tête reposée et je suis bien obligée de partager de nouveau : Arnaud Maïsetti : Internet | temps réel et ses fragments de réflexion non fragmentaires mais plutôt denses, bien ouverts sur ce qui se joue et trame aujourd'hui autour et dans les rapports entre internet, écriture, question de l'auteur, de la polyphonie, des échos qui se propagent dans la toile et trouvent parfois - souvent, réponse dans un temps très court voire dans l'instant. Les portes se sont déplacées, celles de la bibliothèque, celles de la solitude du lecteur, celles oserai-je dire aussi, celles de l'écriture, un peu, beaucoup.

    Quatorzième fragment :

    "Internet, ça voudra dire : en lisant en écrivant dans tous les sens, et comment ça nous a maintenu vivant de nommer le monde, un endroit du monde non localisé, en déplacement constant, lieu qui existait quand on le faisait fonctionner sous nos doigts, et la solitude en partage qui circulait : et la vie entre qui battait."

    Parce qu'aujourd'hui, à travers Internet et aussi le basculement dans quelque chose que j'ai encore bien du mal à percevoir clairement : la génération deux point zéro - alors même que c'est partie intégrante de mon travail et environnement * -, les solitudes se rencontrent, se font face et se répondent ensemble dans le même temps, les espaces différents autrefois isolés convergent dans "cet endroit non localisé du monde, en déplacement constant". La(/à), les fenêtres ouvertes devant soi ne sont plus celles que de l'auteur, de ses mondes, de ses mots, mais deviennent aussi celles du lecteur, des lecteurs tous en même temps tout en même temps - des fenêtres allumées. Il y a de la lumière allumée là oui, dans ce qui semble être un dédale de flux, masses informes d'informations et d'expériences. Derrière ces flux, de vrais gens, qui se répondent, des portes qui se déplacent, des murs qui éclatent, des écritures et des lectures qui se lient, des processus en vie.

    Un putain de raffut ça fait quand on y pense que ça me donnerait presque le vertige. Mais là c'est dû aussi à mes activités qui font que je dois parler beaucoup, constamment, tous les jours, à ce que j'appelle avec tendresse mes tamagoshis, expression reprise d'une personne autre bien présente aussi sur la toile, et que je trouve délicieuse pour plaisanter de nos inclinaisons à ne pas aimer que nos relations IRL mais à chérir aussi ces nouvelles solitudes qui se vivent ensemble. Bref, je m'éloigne. Ou pas. J'ai perdu le fil, je ne sais plus où je voulais aller. On me pardonnera de la non-clarté de mes propos ici : c'est que ça fait déjà bien longtemps que je n'ai plus réfléchi, pas le temps.

    On dit "pas le temps" à propos d'Internet du côté François Bon, moi je dis "pas le temps" à propos de réfléchir actuellement - le contemporain me tue : je suis noyée dans ce surplus d'informations que je n'ai pas le temps de digérer mais surtout pas la force d'avaler - les gens qui me connaissent diraient peut-être l'envie. Ça a commencé avec la télévision dont j'ai fini par me séparer, ça a continué avec ce flot d'images dont le nombre est devenu totalement insensé avec le passage de l'argentique au numérique (je parle là des photographes amateurs et aussi professionnels qui prennent un milliard six cents mille photos en une heure et ne savent plus faire le tri, se séparer, jeter, ne garder que la sève pour ne montrer plus qu'elle), ça continue avec les mots, les blogs, les articles, les billets, les gazouillis, la "TIMELINE", mais quel mot étrange - pas si étrange que ça **, ça n'en finit plus, ça défile très vite, trop vite, qu'on en oublie cinq minutes à peine après ce qu'on vient de lire, de dire, de vomir.

     

    * peut-être justement à avoir le nez trop dedans on en oublie de reculer, peut-être qu'on surestime aussi ces changements (moi), peut-être pas, et alors toutes ces questions vaseuses que je me pose subrepticement, je devrais me les poser un peu plus (beaucoup plus) clairement.

    ** tous ces derniers sujets qui font partie d'un même ensemble pour moi qui m'obsède un peu et qui mériteraient encore 600 autres heures de réflexion intense mais bon, je ne vais pas redire "pas le temps" ou que ces trucs d'intello c'est pour ceux qui crèvent pas la dalle

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    Tags » ecriture lecture
    • 23 September 2010
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